Paralysie faciale : à jour 3 et à mois 3, la démarche n’est pas la même
Homme, 45 ans. Début il y a 3 jours, côté gauche, avec douleur rétro-auriculaire et diminution du goût.
Une même appellation, trois logiques : en phase aiguë « légèreté, précocité, stabilité », en phase de récupération « tonification, désobstruction, exercice », en phase de séquelles une information honnête sur le potentiel de récupération. La stadification est le cœur d’un dossier de paralysie faciale.
Historique et évaluations antérieures
Il y a 3 jours, au réveil, déviation de la commissure labiale gauche, occlusion palpébrale incomplète, disparition des rides du front ; épisode de refroidissement la semaine précédente. Aucun déficit des membres, aucun trouble de l’élocution, aucune diplopie : cause centrale écartée.
Diagnostic posé en neurologie : paralysie faciale périphérique (paralysie de Bell) ; corticoïdes (prednisone) et antiviraux (aciclovir) conduits selon les recommandations ; pas de diabète ni d’hypertension ; électromyogramme non encore réalisé.
Examen des quatre méthodes et différenciation des syndromes
Différenciation : en phase aiguë, vent-froid attaquant les collatéraux ; en phase de récupération, le plus souvent vide de qi et de sang avec stase de sang obstruant les collatéraux. Les points clés : circonstances du début, sensibilité du visage, langue, pouls et symptômes généraux associés. Les manuels rattachent ce tableau à la « bouche déviée » (paralysie faciale périphérique) : syndromes de vent-froid, vent-chaleur, vide de qi et de sang.
- Rides du front gauche effacées, occlusion palpébrale incomplète, fuite d’air au gonflement des joues, déviation de la commissure vers le côté sain ; sensibilité douloureuse rétro-auriculaire gauche.
- Langue rose pâle, enduit blanchâtre fin ; pouls superficiel et serré ; exposition au froid avant le début (syndrome de surface vent-froid) ; sommeil moyen.
Parcours de traitement par stades (point central)
- Phase aiguë (1 à 2 premières semaines) : stimulation légère, intervention précoce. Peu de points — Yangbai (VB14), Sibai (E2), Dicang (E4), Jiache (E6), Yifeng, Hegu (GI4), Waiguan ; poncture superficielle, rotations douces, sans électroacupuncture ou à intensité très faible ; moxibustion douce associée sur Yifeng et Tinggong (ID19). À ce stade, toute stimulation forte est proscrite ; 2 à 3 séances par semaine.
- Phase de récupération (après 2 semaines) : augmenter le nombre de points et l’intensité de stimulation ; électroacupuncture possible (ondes discontinues, selon la tolérance du patient) ; ajouter Zusanli (E36) et Sanyinjiao (Rt6) pour tonifier qi et sang ; associer une rééducation faciale (gonfler les joues, froncer les sourcils, montrer les dents, souffler).
- Phase de séquelles (au-delà de 3 mois) : tonifier qi et sang, activer le sang et désobstruer les collatéraux ; tuina et rééducation musculaire du visage ; l’objectif passe à l’amélioration fonctionnelle et au contrôle du syndrome synkinétique, avec une information honnête sur les limites de la récupération.
- Orientation des décoctions : vent-froid — inspiration de la poudre Qianzheng associée à la décoction Guizhi ; vent-chaleur — poudre Yinqiao modifiée ; phase de récupération — décoction Buyang Huanwu ou décoction Bazhen modifiée. Posologie déterminée lors de la consultation en personne.
Réévaluations
| Jalon | Occlusion palpébrale | Rides du front | Gonflement des joues | Déviation labiale (auto-évaluation) | Synkinésie |
|---|---|---|---|---|---|
| Consultation initiale | Incomplète (3 mm de blanc visible) | Effacées | Fuite d’air nette | Marquée | Absente |
| Semaine 4 | Fermeture quasi complète | Réapparition partielle | Légère fuite d’air | Diminuée | Absente |
| Semaine 12 | Fermeture complète | Rétablies | Normale | Quasi symétrique | Légère |
Suivi et recommandations
La récupération d’une paralysie faciale périphérique s’étale généralement sur plusieurs semaines à plusieurs mois ; en phase aiguë, la neurologie doit d’abord écarter une cause centrale et conduire le traitement médicamenteux de référence. En cas d’occlusion palpébrale incomplète, une protection oculaire nocturne s’impose (larmes artificielles, pommade, coque oculaire) pour prévenir les lésions cornéennes.